W3Schools

Les challenges sociaux rencontrés par les femmes sur le spectre de l’autisme

hand-2722107_1920

Les femmes sont 2 à 3 fois moins souvent diagnostiquées que les hommes (Lai et al., 2011). Cependant, des études montrent que le nombre de cas non déclarés de femmes autistes est très élevé. Pourquoi les femmes sont-elles si rarement diagnostiquées et pourquoi leur travail quotidien peut représenter un immense effort psychologique ?

Des chercheurs mettent en évidence des différences selon le sexe chez les personnes sur le spectre de l’autisme

Une équipe de chercheurs de l’Université de Cambridge (Lai et al., 2011) a examiné de plus près les stratégies de compensation des personnes sur le spectre de l’autisme. Celles-ci ont souvent des difficultés à évaluer les situations sociales et à les interpréter « correctement ». Dans certains cas, ils sont sujets à ce que l’on appelle de la cécité faciale, c’est-à-dire une totale incapacité à interpréter les expressions faciales d’autrui. Afin de ne pas attirer l’attention, beaucoup de personnes autistes développent des stratégies pour combler leurs lacunes – dont les conséquences psychologiques sont lourdes. En effet, l’observation et l’imitation continuelle de leurs compatriotes humains leur demande un effort cognitif considérable. Dans ce domaine, les chercheurs ont remarqué que l’écart entre le comportement observé chez la personne et l’expérience ressentie par celle-ci est beaucoup plus important chez les femmes autistes que chez les hommes autistes.

Leur apparence dans la jungle sociale

Il n’est pas rare que les personnes sur le spectre essaient de cacher leur autisme – par crainte d’être rejetées. Plusieurs raisons peuvent expliquer pourquoi cela devient un défi compliqué, en particulier chez les femmes. Tout d’abord, il est évident que la plupart des femmes sur le spectre de l’autisme ne sont pas diagnostiquées du tout. La majorité des critères de diagnostic existants ont été conçus pour les hommes. Même parmi les praticiens généralistes et les psychiatres, un mythe répandu subsiste, selon lequel les femmes ne peuvent être autistes. À cela s’ajoute l’image du rôle de la Femme dans la société : dès leur plus jeune âge, les filles sont censées mettre les autres à l’aise, en étant aimable et sociale. Ainsi, il semble logique que les femmes sur le spectre de l’autisme développent inévitablement des techniques de camouflage importantes. Un diagnostic, s’il est posé, peut prendre des années. L’une des raisons est que ces femmes apprennent souvent à adopter un comportement « approprié » dans leur petite enfance.

Les tensions rencontrées par les femmes au travail

S’ils parviennent à trouver un travail, beaucoup de personnes sur le spectre de l’autisme y sont en difficultés. Des situations qui sont d’ordinaire considérées tout à fait banales sur le lieu de travail peuvent s’avérer tout à fait stressantes pour une personne du spectre, car pour certains, une poignée de main peut être douloureuse. Ce n’est pas avec le travail en lui-même que la plupart des personnes autistes ont des difficultés, mais avec l’environnement social, la compréhension d’autrui et l’expression de leurs propres besoins et pensées. Pour ces raisons, les personnes sur le spectre de l’autisme sont souvent sans emploi, et ce malgré des compétences certaines.

Les femmes sur le spectre de l’autisme subissent tout particulièrement la pression de devoir correspondre à un stéréotype de genre. Elles sont confrontées à de nombreuses attentes implicites, telles qu’une forme de conversation détendue, un comportement courtois et compréhensif, ou le port d’un certain type de vêtements. Afin de supporter les désagréables bavardages à la machine à café, de nombreuses femmes sur le spectre de l’autisme apprennent chez elles des phrases ou des expressions toutes faites par cœur, dont elles peuvent se souvenir dans telle ou telle situation sociale. De nombreuses personnes sur le spectre de l’autisme ne comprennent pas les règles sociales complexes, et ne souhaitent pas participer à des discussions autour de la météo, de la mode ou des derniers commérages.

Il ne leur est pas inhabituel de s’entraîner à certaines postures ou expressions faciales, qu’ils ont empruntées à l’attitude de leurs collègues, afin de donner une image de confiance en soi au monde extérieur. De nombreuses personnes autistes étant également extrêmement sensibles au contact tactile, elles n’apprécient pas porter des vêtements moulants. Ainsi, il peut être difficile aux femmes sur le spectre de l’autisme de se conformer aux codes vestimentaires d’une entreprise. Tous ces facteurs peuvent entraîner ce qui est communément appelé un « burn-out autistique ». L’utilisation constante de leurs capacités cognitives et psychologiques au maximum de leur performance les mène à l’effondrement. Cependant, le fait que plus de femmes sur le spectre de l’autisme souffrent de ces problèmes ne signifie pas que leurs homologues masculins en soient exempts – les femmes sur le spectre de l’autisme semblent simplement plus aptes à jouer à cet angoissant jeu de cache-cache.

auticon (auticonsult en France et au Canada) propose une culture d’entreprise « autism-friendly »

Chez auticon / auticonsult, nous faisons en sorte que ces problèmes évoqués précédemment ne surviennent pas. Personne n’est obligé de se cacher chez nous, parce que nous sommes en recherche active de talents autistes. Nous sommes une entreprise sociale qui recrute spécifiquement des personnes sur le spectre de l’autisme, en tant que consultants IT et nous leur offrons une opportunité de carrière dans la Tech avec un contrat stable. Nous considérons la neurodiversité comme un enrichissement, car nous mettons en valeur des compétences cognitives fréquemment identifiées chez les personnes autistes, tels qu’une concentration accrue sur leurs domaines d’intérêt, une attention toute particulière aux détails, et d’excellentes capacités à reconnaître des patterns et des erreurs. Nos Techs Lead et Job Coachs dédiés servent de contact à nos collaborateurs autistes, en cas de difficulté d’ordre sociale ou communicationnelle, ou d’autres problèmes. Notre modèle inclue aussi une sensibilisation à l’autisme chez les équipes de nos clients, afin de renforcer la communication et la compréhension mutuelle.

Références :

Lai M-C, Lombardo MV, Pasco G, Ruigrok ANV, Wheelwright SJ, et al. (2011) A Behavioral Comparison of Male and Female Adults with High Functioning Autism Spectrum Conditions. PLoS ONE 6(6): e20835. doi:10.1371/journal.pone.0020835

Si vous souhaitez rejoindre une entreprise avec un environnement de travail « autism-friendly », venez consulter  nos offres d’emploi ici.