Télétravail : 8 conseils aux professionnels autistes (et « à ceux qui ne le sont pas assez »*)

Télétravail : 8 conseils pour les professionnels autistes (et « à ceux qui ne le sont pas assez »*)

Dans ce contexte un peu surnaturel face au coronavirus (Covid-19), de nombreuses entreprises sont passées à ce nouveau fonctionnement qui est le télétravail.
Mais le saviez-vous ? Ce dispositif est en réalité particulièrement autism-friendly.

Le télétravail, s’il est effectué de manière efficace, a de nombreux avantages :

  • Il permet de limiter la fatigue due aux transports, aux sollicitations sociales et aux sur-stimulations sensorielles – facteurs tout particulièrement éprouvants au quotidien pour beaucoup de personnes autistes.
  • Il offre la possibilité d’organiser son environnement en fonction de ses besoins (bruit, température, etc.) et de ne pas être interrompu.

De part certaines de ces caractéristiques, le télétravail apparaît comme étant une façon de travailler particulièrement autism-friendly.

Il a d’ailleurs fait ses preuves avec nos collègues auticonsultants. Pour la plupart, l’efficacité au travail est améliorée par des journées régulières de télétravail : non-seulement en raison de la fatigabilité à long-terme, qui est moindre, mais aussi du fait qu’ils sont souvent plus rapides et concentrés lorsqu’ils s’investissent sur une tâche de manière isolée.

Enfin, beaucoup de personnes autistes acquièrent des compétences de manière autodidacte (par exemple plus de 20% de nos consultants n’ont pas de diplôme, et plus encore considéreraient sûrement qu’ils ont acquis la majeure partie de leurs compétences en autodidacte), et l’auto-motivation, l’autonomie et la discipline que requière l’apprentissage en autodidacte sont également indispensables pour travailler efficacement en télétravail.

Nous espérons aujourd’hui qu’en partageant notre expérience du télétravail, nous pourrons être utiles à ceux qui s’y trouvent confrontés malgré eux en ces temps difficiles, professionnels autistes ou non-autistes. Vous trouverez dans cet article certaines règles et normes implicites propres au télétravail, qu’il est utile de garder en tête pour fluidifier les échanges et travailler en équipe le plus efficacement possible à distance. Nous avons également fait appel aux retours d’expérience de quelques consultant(e)s adeptes et habitués du télétravail.

Voici donc une liste de conseils pour réussir le télétravail, alimentée par nos consultants et rédigée pour des professionnels autistes (mais qui s’appliquent à tout le monde) :

1. Communication par sms, chat et email

Soyez préparé et efficace lorsqu’une conversation est nécessaire (objectif : donner/obtenir toutes les réponses à vos questions ou à celles de l’interlocuteur afin que les deux puissent avancer en autonomie dans leur travail).

  • Les communications orales : Si vous avez besoin d’une discussion ou d’un retour d’information, appelez. Si après cet appel, vous estimez utile de clarifier les décisions engagées par la discussion, faites-en un compte-rendu écrit par email. Enfin, utilisez le téléphone (ou appelez à travers votre messagerie) pour toute circonstances où vous auriez discuté en direct avec la personne si vous aviez pu vous voir physiquement.
  • Les communications écrites : Elles doivent porter sur des faits et non remplacer des discussions, et le chat peut prendre beaucoup plus de temps qu’un simple appel. Mais si vous n’avez pas besoin d’un retour immédiat et êtes mal à l’aise par téléphone, ou craignez de perdre des informations à l’oral, n’hésitez pas à tenter un échange par chat, vous pourrez toujours tenter de joindre par téléphone la personne si celle-ci n’a pas réagi à votre message.

2. Prenez le temps de rédiger des listes de tâches et de priorités

Il est essentiel d’être plus précis sur les résultats et les délais quotidiens lorsque vous travaillez à distance. Rédigez ces listes de priorités avec vos équipes et managers, ou au moins faites les valider par ces derniers et informez-en vos collègues les plus concernés.

Afin de structurer votre travail, de vous y mettre plus facilement le matin, et de clore votre journée de manière plus satisfaisant, vous pouvez vous faire une liste de tâches tous les jours à la fin de votre journée, pour la journée du lendemain (il s’agit donc bien des tâches à accomplir le lendemain).

Il est possible que le fait de travailler à distance ne vous permette pas de réaliser tous les aspects de votre mission initiale (par exemple, si vous n’êtes pas en possession d’un ordinateur ayant les accès nécessaires au bon déroulement de votre travail). Si c’est le cas, définissez avec votre manager les activités sur lesquelles vous pouvez avancer. Priorisez les tâches pour lesquelles votre expérience et expertise sont les plus indispensables ou les plus valorisées (par exemple, rédaction de documentation propre à votre projet).

Afin de vous aider à établir une routine de télétravail, vous pouvez établir un plan précis de travail pour la semaine, vous pouvez également fixer à l’avance les heures auxquelles vous devez vous connecter à votre messagerie par exemple. Utiliser un agenda électronique avec des rappels sonores pourrait vous aider à respecter cette routine.

3. Respectez les horaires de travail convenus // planification

Il est vital d’établir une routine qui protège votre espace et votre temps personnels. Il est également indispensable d’être connectés et disponibles aux heures de travail auxquelles vos collègues s’attendent à pouvoir vous joindre.

Afin de bien planifier vos journées de travail à votre domicile, vous pouvez vous imposer des horaires de début et de fin de journée (par exemple : de 9h à 17h). Vous pouvez également chronométrer votre temps de travail et votre temps de pause si vous souhaitez des horaires plus flexibles (pour aller courir en fin de matinée par exemple). N’oubliez pas de prévoir des pauses, par exemple de 15 minutes toutes les deux heures de travail.

4. « URGENT »

Lorsque vous utilisez des outils de chat ou de courrier électronique pour communiquer sur des questions urgentes parce que vous ne pouvez pas joindre les personnes au téléphone (première étape à tenter systématiquement), écrivez « URGENT » dans l’objet (ou en début de message en cas de chat). Attention à utiliser judicieusement ce terme : réservez-le aux priorités immédiates ou pour lesquelles vous avez absolument besoin d’un retour rapide. Le risque, si vous l’utilisez trop, est qu’il perde son caractère exceptionnel et ne soit plus traité en urgence. Limitez dans la mesure du possible à 1 message « URGENT » par jour maximum.

5. Utilisez un fil de discussion séparé pour l’humour et les bavardages

Certaines personnes peuvent ressentir le besoin de garder un contact informel avec certains collègues. Il est alors important de maintenir ce contact informel, car celui-ci aide à se sentir connectés et à gérer le stress et la solitude liés au travail à distance. Mais il est indispensable de le séparer des fils de discussion principaux et professionnels, afin de ne pas déranger les gens lorsqu’ils se concentrent sur leur travail. Vous pouvez par exemple, prendre le temps entre deux échanges formels de prendre des nouvelles de vos collègues.

6. En cas de sujet de controverse, de communication difficile ou de critique

Favorisez la communication par téléphone ou par vidéo dans ces cas. La communication écrite, en cas de désaccord, laisse moins de place à la flexibilité et peut paraître plus violente au récepteur que n’est l’intention de l’émetteur. De plus, les choses écrites ne disparaissent jamais, il faut donc être vigilent sur ce que nous écrivons, à qui nous l’écrivons, et au moment où nous le faisons avant d’envoyer, car nous risquons de regretter par la suite notre message (si nous nous rendons compte, par exemple, que nous n’avions pas perçu tous les aspects de la situation, et que notre réaction était inadaptée ou exagérée). Il est souvent plus judicieux et productif de régler un potentiel différend en direct à l’oral, afin de prendre en compte plus directement la perspective de l’autre personne et les informations complémentaires qu’elle a peut-être, et ne communiquer à l’écrit que les solutions ou compromis identifiés.

7. Habillez-vous pour le travail // Préparez votre cadre de travail

Afin de vous aider à entrer dans le bon état d’esprit pour entamer une journée de travail dans un environnement habituellement réservé à votre temps personnel, vous pouvez mettre en place un cadre particulier au télétravail :

  • Respecter le rituel de la douche quotidienne et ne pas rester en habits de nuit.
  • Aménager un espace propice au travail. Si vous n’avez pas de bureau à votre domicile, vous pouvez utiliser une table de salon ou autre mobilier se rapprochant d’un bureau.
  • Si possible, vous installer dans un espace calme afin d’éviter les interférences possibles.

8. Communiquez plus encore qu’à l’ordinaire

En travaillant de manière isolée, tout professionnel a besoin de plus d’indications sur les résultats à obtenir que lorsqu’il travaille dans un espace partagé avec son équipe. N’hésitez donc pas à demander des questions sur vos objectifs à court-terme, à communiquer sur votre travail…

C’était nos 8 conseils pour réussir le télétravail. On espère que ça puisse vous aider en cette période de confinement.

Merci à ceux qui ont contribué à la rédaction de ces recommandations et bon télétravail !

 

PS : Si vous voulez en savoir plus sur le fonctionnement de notre ESN atypique, cliquez-ici

*Petite référence à notre ami et conseiller consultatif Josef Schovanec, et son livre « Éloge du voyage à l’usage des autistes et de ceux qui ne le sont pas assez ».

Congrès Autisme Europe 2019 : les faits marquants

Congrès Autisme Europe 2019 : les faits marquants

La 12ème édition du Congrès Autisme Europe se tenait à Nice du 13 au 15 Septembre 2019. La devise était : « Une nouvelle dynamique pour le changement et l’inclusion ».

Voici un bref article résumant les informations qui ont marqué nos collègues au cours des différentes conférences.

Les recherches marquantes

La première information qui nous a marqués est celle du Pr Simon Baron-Cohen1. En effet, il explique que les personnes sur le spectre de l’autisme présentent un cerveau plus gros (macrocéphalie) et des connections interneuronales plus importantes que les personnes non-autistes ce qui, selon lui, peut expliquer leur tendance à être envahies par les informations qui les entourent, le bruit, la lumière, les sensations cutanées, mais également par leurs propres émotions et celles des autres.

De ce fait, certains gestes anodins du quotidien peuvent se révéler très difficiles pour un enfant autiste. Par exemple, prendre des transports en commun, travailler ou aller au supermarché. Ceci peut impliquer une prise en charge importante pour les parents, voire, plus tard, pour les membres de la fratrie comme l’évoque Tristan Yvon2, à la fin du Congrès, président de l’association Add’autiste.

Des constats alarmants

Les personnes sur le spectre de l’autisme représentent 1% de la population totale. C’est près de 670 000 personnes en France ! Pourtant, seuls 20% des enfants autistes sont scolarisés sur le territoire Français. Et cette discrimination se reflète également sur le taux de chômage. 19 % pour les personnes en situation de handicap, soit deux fois plus que la moyenne nationale. La chercheuse Tatja Hirvikoskia3 a montré que le taux de suicide est significativement plus élevé chez les personnes sur le spectre de l’autisme que pour l’ensemble de la population.

Notre équipe présente au congrès

Participation d'auticon au congrès autisme europe 2019

Face à cette situation, de nombreuses initiatives voient le jour pour bâtir les fondations d’une société plus inclusive. Le but étant d’apporter le soutien dont les enfants et adultes autistes ont réellement besoin. En effet, la neurodiversité, parce qu’elle vise à inclure toutes les différences cognitives dans la société, sous-entend de prendre en compte les besoins spécifiques de chaque personne, et d’adapter et mettre en place les moyens à mettre en place en conséquence, tel que le souligne Stef Bonnot-Briey4, co-fondatrice et directrice du Conseil de l’entreprise à vocation sociale VIA (Vie Individu Autonomie).

Les initiatives pour une société plus inclusive

Une société plus inclusive suppose des outils de diagnostic en adéquation avec les besoins des personnes autistes.

Si les outils de diagnostic classiques permettent d’apporter un éclairage sur la situation, ils ne prennent pas en compte les besoins et spécificités de chacun. Le Pr Sven Bölte5 a donc créé l’ICF-CY (International Classification of Functioning, Disability and Health : Children and Youth version), un outil de diagnostic orienté vers la qualité de vie et le fonctionnement des personnes autistes, afin de les accompagner au mieux et favoriser leur bien-être.

Une société plus inclusive implique une meilleure compréhension des modes de fonctionnements cognitifs des personnes autistes.

Afin d’améliorer la compréhension des émotions chez les personnes autistes, le programme MACA (Mapping Autistic Cognitive Abilities), dirigé par le Dr Fabienne Cazalis6, a notamment pour but de mettre en place des outils sur-mesure à l’étude du ressenti, de l’expression et de la perception des émotions par les personnes autistes.

Une société plus inclusive comprend des environnements de formations plus en phase avec les besoins des étudiants autistes.

Le projet « Construire une Université Aspie-Friendly », mené par Bertrand Monthubert7, dans le cadre de l’Université Fédérale de Toulouse Midi-Pyrénées, a pour objectif de mettre en œuvre des moyens adaptés aux étudiants autistes en matière d’accompagnement quotidien et pédagogique.

Une société plus inclusive nécessite des environnements de travail et un soutien sur mesure par rapport à aux caractéristiques individuelles et aux besoins des professionnels autistes.

Lors de ce congrès, nous avons présenté les résultats d’une étude réalisée auprès de consultants IT d’auticon8. Les consultants interrogés ont très majoritairement indiqué que leur emploi a augmenté leur bien-être, leur confiance en eux et leur autonomie.

S’inscrivant dans cette démarche de valorisation de la neurodiversité, le travail des équipes d’auticonsult à un triple impact : technologique, social et sociétal.

Vous souhaitez en savoir plus ? Cliquez ici !

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Quelques références et liens :

1Le Pr Simon Baron-Cohen est chercheur à l’Université de Cambridge et membre du Advisory Board d’auticon UK.

2Tristan Yvon est une personne autiste et grand frère de jumeaux autistes. Il est président de l’association Add’autiste, qui propose notamment des sensibilisations dans les écoles.

3Tatja Hirvikoski est à la tête de l’Unit for Research, Development and Education au Center for Neurodevelopmental Disorders at Karolinska Institutet.

4Stef Bonnot-Briey est coach, consultante et formatrice, et à l’initiative de l’entreprise sociale VIA.

5Le Pr Sven Bölte est chercheur au Karolinska Institutet : (Bölte, S., de Schipper, E., Robison, J. E., Wong, V. C., Selb, M., Singhal, N., … & Zwaigenbaum, L. (2014). Classification of Functioning and Impairment: The Development of ICF Core Sets for Autism Spectrum Disorder. Autism Research7(1), 167-172.)

6Le Dr Fabienne Cazalis est chercheuse au CNRS et à l’Institut des Systèmes Complexes. Elle est également membre du Comité Consultatif d’auticonsult France.

7Le Pr Bertrand Monthubert, est le porteur du projet national « Construire une Université Aspie-Friendly ». Nous nous sommes engagés en tant que mécène au sein du groupe de travail « Accès à l’emploi ». Flora Thiébaut, notre co-fondatrice, est en charge d’amener les universités à adapter leurs process pour employer davantage de profils autistiques dans leurs équipes. L’impact de ce projet de transformation des universités françaises est primordial pour un avenir plus inclusif envers les personnes autistes.

8auticon est le groupe international dont auticonsult est la filiale française.

Consultant(e) | Data Analyst (F/H) à Toulouse

Paris – Courbevoie
Dans un contexte de forte croissance de son activité en France et en Europe, Auticonsult recherche son(sa) Responsable Administratif, Financier et Juridique, basé(e) à Courbevoie (Bécon-les-Bruyères). 1ère ESN en France à employer spécifiquement des informaticiens autistes de haut niveau ou syndrome d’Asperger, Auticonsult est une filiale du groupe Auticon (190 salariés dont >150 consultants autistes en Allemagne, Angleterre, France, Suisse et USA).

Consultant(e) | Data Scientist (F/H)

Paris – Courbevoie
Dans un contexte de forte croissance de son activité en France et en Europe, Auticonsult recherche son(sa) Responsable Administratif, Financier et Juridique, basé(e) à Courbevoie (Bécon-les-Bruyères). 1ère ESN en France à employer spécifiquement des informaticiens autistes de haut niveau ou syndrome d’Asperger, Auticonsult est une filiale du groupe Auticon (190 salariés dont >150 consultants autistes en Allemagne, Angleterre, France, Suisse et USA).

Consultant(e) | Analyste Assurance Qualité (F/H)

Paris – Courbevoie
Dans un contexte de forte croissance de son activité en France et en Europe, Auticonsult recherche son(sa) Responsable Administratif, Financier et Juridique, basé(e) à Courbevoie (Bécon-les-Bruyères). 1ère ESN en France à employer spécifiquement des informaticiens autistes de haut niveau ou syndrome d’Asperger, Auticonsult est une filiale du groupe Auticon (190 salariés dont >150 consultants autistes en Allemagne, Angleterre, France, Suisse et USA).

Consultant(e) | Développeur-Programmeur (F/H)

Paris – Courbevoie
Dans un contexte de forte croissance de son activité en France et en Europe, Auticonsult recherche son(sa) Responsable Administratif, Financier et Juridique, basé(e) à Courbevoie (Bécon-les-Bruyères). 1ère ESN en France à employer spécifiquement des informaticiens autistes de haut niveau ou syndrome d’Asperger, Auticonsult est une filiale du groupe Auticon (190 salariés dont >150 consultants autistes en Allemagne, Angleterre, France, Suisse et USA).