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9 femmes autistes sur 10 victimes de violences sexuelles

9 femmes autistes sur 10 victimes de violences sexuelles

Une étude française publiée le 26 avril 2022 dans la revue Frontiers in Behavioral Neuroscience s’est donnée pour objectif de mesurer la prévalence des violences sexuelles sur les femmes autistes en ayant recours à une évaluation standardisée. Les résultats de cette étude sont alarmants… 1

Synthèse de l’article

Co-réalisée par Fabienne Cazalis (chercheuse au CNRS et membre du comité consultatif d’Auticonsult), Elisabeth Reyes, (consultante Auticonsult), et les cliniciens Séverine Leduc et David Gourion, cette étude a porté sur un large échantillon composé de 225 femmes françaises diagnostiquées autistes ayant accepté de répondre à une enquête en ligne partagée par plusieurs organisations locales (Association Francophone des Femmes Autistes, Asperger Amitié, Asperger Aide, France Asperger…).

La lecture de l’article est ouverte à toutes et à tous de manière gratuite, et l’ensemble des données et des analyses statistiques du travail est en accès libre. Par ailleurs, les chercheurs invitent « n’importe quelle personne qui le souhaite à faire des analyses complémentaires ».

Les résultats livrés par cette recherche sont alarmants et viennent interroger les pistes de prévention à mettre en œuvre pour protéger les femmes autistes contre le risque d’agressions sexuelles.

88% des participantes ont subi des violences sexuelles

Afin d’estimer le taux de femmes autistes ayant connu des violences sexuelles (attouchements sexuels, viol, tentative de viol) au cours de leur vie, les chercheurs leurs ont d’abord posé la question « avez-vous déjà été victime d’une agression sexuelle ? », puis plusieurs questions issues du Sexual Experiences Survey Short Form Victimization questionnnaire (SES-SFV) portant sur des situations spécifiques.

Dans le premier cas, 66% des participantes ont déclaré avoir subi des violences sexuelles, contre 88% dans le second, soulignant le fait que certaines n’avaient pas réalisé que leur expérience était assimilable à des abus, et rappelant ainsi l’importance de la formulation des questions dans ce type d’étude.

Des agressions multiples et à un très jeune âge

S’ajoute à cette forte proportion une double peine : 75% de l’ensemble des participantes déclarent avoir subi des agressions à de multiples reprises, un nombre important qui peut être expliqué, entre autres, par l’âge auquel elles ont subi leur premier abus.

68% et 19% des victimes ont respectivement connu leur première agression avant l’âge de 18 et 9 ans. Selon les auteurs, plus l’agression interviendrait à un jeune âge, plus la personne serait exposée au risque d’être à nouveau victime de violences sexuelles au cours de sa vie. Des études précédentes ont en effet montré que les enfants autistes agressés seraient dix fois plus susceptibles que les autres d’adopter un comportement hypersexualisé facilitant les abus par les agresseurs (Mandell et al., 2005) et que les filles autistes entreraient dans la puberté plus précocement que les filles non-autistes et que les garçons autistes, augmentant le risque de harcèlement sexuel (Corbett et al., 2020).

Les stratégies mises en œuvre par les agresseurs consistaient dans la plupart des cas à manipuler leurs victimes, à leur mentir, à les menacer de mettre fin à la relation ou de répandre des rumeurs à leur sujet, à les harceler verbalement, ou à profiter d’elles quand elles se trouvaient dans une situation où il leur était impossible de stopper l’agression.

Finalement, seul 1/3 des participantes ont déclaré avoir signalé ces agissements aux autorités ou à leur entourage, et 26% d’entre elles n’ont pas été crues.

Des conséquences importantes sur la santé mentale

Pour les femmes autistes comme pour la population générale, le vécu de violences sexuelles génère des effets néfastes sur leur santé mentale. Celles victimes d’un ou plusieurs viols sont aujourd’hui encore nombreuses à souffrir de stress post-traumatique. La moitié des participantes a également déclaré avoir souffert de troubles de sommeil (48%), éprouver du dégoût pour la sexualité (47%) et un tiers déclarait avoir tenté de s’auto-mutiler (31%) dans les six mois ayant suivi l’agression. Le fait de vivre un ou plusieurs abus sexuels nuit donc gravement à la santé mentale des personnes, ce qui de surcroît, augmente considérablement leur risque d’être victimes de violences sexuelles.

L’autisme, facteur de vulnérabilité ?

Les résultats livrés par cette étude amènent à se demander si les traits caractéristiques de la population autiste constituent un facteur de vulnérabilité l’exposant de manière plus importante au risque de violences sexuelles. Pour répondre à cette question, les chercheurs ont eu recours à la Ritvo Autism Asperger Diagnostic Scale-Revised (RAADS-R) évaluant les traits autistiques à partir de différentes sous-échelles, et ont montré que plus une personne obtient un score élevé sur le sous-score « Réactivité sensorielle », plus le risque d’être victime de violences sexuelles  est élevé.

En dehors de celui-ci, aucun sous score n’a révélé de résultat significatif, sous-tendant alors que ce ne serait pas l’autisme en soi, ni les difficultés de communication sociale associées à l’autisme, qui constitueraient des facteurs de vulnérabilité à la violence sexuelle, mais plutôt le fait d’être différent. En effet, cette différence augmenterait le risque d’intimidation, de rejet, de stigmatisation et d’isolement qui, eux, constituent des facteurs réels augmentant le risque d’en être victime.

L’autisme constituerait alors en ce sens un facteur augmentant la vulnérabilité, mais dans le cas particulier des femmes autistes, la cause principale des violences sexuelles demeurerait selon les chercheurs leur genre, puisque les auteurs d’agressions sexuelles ciblent de préférence les femmes et les filles.

Quelles pistes de prévention ?

À l’issue de cette étude, il convient de s’interroger sur la manière de prévenir et de sensibiliser au mieux aux violences sexuelles. Les auteurs de la recherche préconisent l’adoption de mesures à la fois générales et communes à l’ensemble des femmes, et de mesures plus spécifiques tenant compte des spécificités des femmes autistes.

Dans la mesure où ces abus sont le plus souvent perpétrés par des personnes proches, exploitant leur ascendant ou leur pouvoir hiérarchique sur une victime dont l’âge est le plus souvent inférieur à l’âge légal du consentement (15 ans en France), les méthodes éducatives ne présentent qu’une efficacité limitée. Attendre de mineures en situation de handicap qu’elles se protègent par elles-mêmes grâce à l’éducation s’apparenterait par ailleurs à une forme de victim-blaming. De même, si 4 participantes sur 10 déclarent que la connaissance du risque et des stratégies d’affirmation de soi auraient pu prévenir l’agression, cette méthode ne semble pas, elle non plus, tout à fait pertinente.

Sans remettre en cause l’importance de ces méthodes de prévention, les auteurs leur préfèrent les programmes à grande échelle et les actions visant à favoriser les changements culturels profonds, telles que recommandées par le Center for Disease Control et l’Organisation Mondiale de la Santé.

Les deux organismes ont en commun de favoriser l’enseignement de stratégies visant à améliorer les compétences en communication interpersonnelle, en gestion de conflits, en prise de décision partagée pour prévenir la violence sexuelle, à créer des environnements protecteurs et sécuritaires (écoles, espaces publics et environnements de travail sûrs), à offrir aux filles et aux femmes des opportunités pour gagner en autonomie et réduire la pauvreté (stratégies d’autonomisation économique et sociale, renforcement des compétences en matière d’auto-efficacité, d’affirmation de soi, de négociation et de confiance en soi), et à questionner les attitudes, croyances, normes et stéréotypes sexistes néfastes.

Contacts à connaître

3919 : Violences Femmes Info : le numéro national de référence pour les femmes victimes de violences (conjugales, sexuelles psychologiques, mariages forcés, harcèlement…) propose une écoute, informe et oriente vers des dispositifs d’accompagnement et de prise en charge. Il est destiné aux femmes victimes de violences, à leur entourage et aux professionnels concernés. L’anonymat des personnes appelantes est garanti. L’appel ne figure pas sur les factures de téléphone. Ouvert 24h/24 et 7 j/7 et gratuit.

114 : Numéro d’appel d’urgence pour les personnes sourdes, malentendantes ou non verbales. Numéro unique, national, gratuit, accessible par visiophonie, tchat, SMS ou fax, 24h24, 7 jours/7. Des agents de régulation gèrent l’appel et contactent le service d’urgence le plus proche (SAMU, Police-Gendarmerie, Sapeurs-Pompiers).

119 : Allô enfance en danger. Le Service National d’Accueil Téléphonique de l’Enfance en Danger ou en Risque de l’Être peut être contacté par les enfants confrontés à une situation de risque et de danger pour eux-mêmes ou pour un autre enfant qu’ils connaissent, et par les adultes confrontés ou préoccupés par une situation d’enfant en danger ou de risque de l’être (famille proche, famille élargie, voisins, communauté éducative…). Il n’apparaît sur aucun relevé téléphonique détaillé. Ouvert 24h/24 et 7 j/7 et gratuit. Il est également accessible par chat à l’adresse suivante : https://www.allo119.gouv.fr/besoin-daide

0800 05 95 95 : SOS Viols : numéro gratuit destiné aux femmes victimes de viol ou d’agressions sexuelles, à leur entourage et aux professionnels concernés.

https://parcours-victimes.fr : pour comprendre les temps clés et démarches à suivre pour une personne qui subit ou a subi des violences physiques, sexuelles ou psychologiques.

https://violences-sexuelles.info : outil d’information et de prévention récompensé par la Chaire UNESCO Santé sexuelle & Droits humains 2018-2022.

Remarques d’Elisabeth Reyes, consultante en Data Analyse chez Auticonsult, sur la réalisation de ce projet de recherche

Le projet MACA (Mapping Autistic Cognitive Abilities) constitue un programme de recherche dirigé par Fabienne Cazalis dont l’objectif est d’identifier les domaines cognitifs dans lesquels les personnes autistes peuvent se révéler particulièrement efficaces. L’un de ses axes de recherche consiste notamment à s’intéresser aux spécificités des femmes sur le spectre de l’autisme.

En 2018, le psychiatre David Gourion avait déjà réalisé un sondage anonyme demandant à des femmes autistes si elles avaient subi des agressions sexuelles, avant que son étude ne soit poursuivie par Fabienne Cazalis. C’est dans ce contexte, et plus précisément dans le cadre d’une mission pro-bono, qu’Elisabeth Reyes, consultante chez Auticonsult France, a pu prendre part à l’étude synthétisée précédemment.

En 2020, après avoir repris les données et l’article débuté par David Gourion, Elisabeth reprend le tableau de données issu du sondage et réalise de nouveau les calculs nécessaires à son analyse. Après une interruption de plusieurs mois incluant une mission chez un client, elle reprend ce travail en 2021, rédige une version du code et des données pouvant être publiées aux côtés de l’article scientifique. Bilingue en anglais et français, elle met également ses compétences au service de la rédaction de l’article, en assurant la bonne compréhension de son contenu, de ses résultats et de leur interprétation. Au cours de cette période marquée par la crise sanitaire de la Covid-19, elle exerce alors en télétravail, en collaboration avec Fabienne Cazalis avec qui elle s’entretient de manière hebdomadaire.

Si la mise en lumière de certains chiffres particulièrement alarmants, notamment ceux concernant la prévalence des type d’agressions multiples au sein de la population autiste féminine, a pu générer un certain impact émotionnel chez Elisabeth, cette-dernière déclare toutefois être parvenue à conserver une certaine distance avec son objet d’étude :

« Entre mon asocialité, ma difficulté à immédiatement comprendre l’implicite (qui réduit l’impact des situations qui ne vont pas plus loin que du verbal souvent codé) et ma chance de n’avoir moi-même jamais subi une agression, j’ai pu prendre une certaine distance avec le sujet malgré sa difficulté inhérente. Par conséquent, j’ai pu rester calme en lisant les portions où les personnes ayant répondu au sondage pouvaient s’exprimer avec leurs propres mots »

Déjà forte d’une thèse en biologie, Elisabeth relate avoir apprécié cette expérience, qui lui a permis de renouer avec le processus de recherche et de travailler en bonne collaboration avec la co-autrice de l’article :

« Il s’est révélé que les aspects de la rédaction d’articles scientifiques que Fabienne et moi préférons étaient complémentaires, donc la répartition des tâches s’est faite naturellement » 

En tant que référente en matière de lutte contre le harcèlement sexuel et suppléante au sein du Conseil Social et Économique (CSE) d’Auticonsult France, Elisabeth s’estime aujourd’hui désormais plus apte à remplir sa mission si un cas de harcèlement devait se déclarer. Par ailleurs, elle a déjà pensé déjà à des pistes qu’il serait intéressant d’explorer à l’avenir pour prolonger cette étude comme par exemple d’inclure d’autres formes d’agressions sexuelles, ou porter un intérêt plus spécifique aux expériences des personnes autistes et/ou asexuelles. En effet, ces deux populations, qui se chevauchent parfois, pourraient présenter des similitudes en termes de difficulté pour comprendre certaines situations sociales liées à la vie sexuelle, et/ou l’expression et la perception de leur consentement (ou son absence), pouvant les exposer davantage à certains types d’agressions sexuelles.

1. Cazalis F, Reyes E, Leduc S and Gourion D (2022) Evidence That Nine Autistic Women Out of Ten Have Been Victims of Sexual Violence. Front. Behav. Neurosci. 16:852203. doi: 10.3389/fnbeh.2022.852203

image du projet f-MACA

Le projet MACA expliqué par notre consultant

Le projet MACA expliqué par notre consultant

Le projet MACA (Mapping Autistic Cognitive Abilities) est un projet de recherche dirigée par Fabienne Cazalis qui a pour but d’identifier les domaines cognitifs dans lesquels les personnes autistes peuvent se révéler particulièrement efficaces.

Méthodologie et déroulement

Les personnes participant au projet doivent répondre à un questionnaire et passer ensuite 3 tests cognitifs qui permettent d’évaluer leurs fonctions exécutives et de comparer les résultats entre ces différentes populations (autistes et non autistes). La participation à l’étude se fait de façon anonyme et dure 30 à 45 minutes. Les participants qui le souhaitent peuvent envoyer un questionnaire complémentaire a un membre de leur famille, ce qui permet d’affiner les résultats. Les premières analyses du questionnaire ont donné lieu à la publication d’un abstract que l’on pourra consulter à cette url.

L’intervention du consultant

Etant en intermission chez auticonsult au moment de l’exploitation des réponses des premiers volontaires, j’ai tout de suite été partant pour apporter mon aide au projet pour la partie des tests cognitifs, un autre collègue, lui, s’est chargé du questionnaire. La majeure partie du travail a été de découper et d’identifier toutes les données des résultats qui au départ étaient entièrement contenus dans une seule cellule Excel en une base de données exploitable et ordonnée, test par test, item par item, sous item par sous item.

Ensuite une fois le travail de découpage et de nettoyage fait, j’ai produit une série de graphiques selon plusieurs critères après avoir fait divers calculs qui ne sont que le tout début de l’exploitation des résultats. Néanmoins, les « templates » que j’ai construits seront très utiles par la suite pour aller plus loin et pour faciliter l’exploitation des résultats. J’ai vraiment apprécié le côté jeu de piste au début de l’exploitation des données où il fallait identifier ce que chaque colonne contenait comme information sachant que j’avais peu d’information sur la façon dont les tests cognitifs avaient été programmés, j’ai pu reconstituer le puzzle à de rares exceptions près.

Je suis fier qu’auticonsult puisse participer pleinement à ce projet qui pourrait contribuer à l’avenir à l’amélioration de l’insertion professionnelle des personnes autistes car nous sommes à l’évidence, les premiers concernés. C’est pourquoi j’invite les personnes autistes et non-autistes à participer à cette étude dès maintenant.

 

Le projet f-MACA est toujours en cours, ce dernier « vise à rechercher des spécificités biographiques, cognitives, perceptives et émotionnelles des femmes porteuses du syndrome d’Asperger ou toute forme d’autisme de haut niveau. »

Au jour du 27/07/2020, il recherche des participants masculins avec diagnostic d’autisme pour compléter une étude scientifique sur les particularités de l’autisme chez les femmes. Si vous correspondez aux critères, n’hésitez pas à participer à l’étude en cliquant sur le bouton ci-dessous.

À propos de l’auteur :

« Je suis consultant chez auticonsult depuis avril 2019, avant cette date j’ai obtenu 2 diplômes de Master en sciences, le 1er en environnement et le 2nd en sciences de l’atmosphère et du climat. J’ai été diagnostiqué autiste Asperger à 25 ans après l’obtention du 2nd master à la suite d’un burn out survenu à la fin du 1er qui a provoqué une prise de conscience et qui m’a conduit à chercher des renseignements sur mon fonctionnement et donc à ce diagnostic. J’ai passé le circuit de recrutement d’auticonsult au moment du diagnostic et j’ai été recruté au bout de ce circuit. J’ai toujours aimé manipuler et explorer des données notamment scientifiques. J’apprécie beaucoup de participer à des projets de recherche, on est un peu comme un enfant qui ouvre ses cadeaux de Noël car on ne sait jamais ce que l’on va trouver. »

Congrès Autisme Europe 2019 : les faits marquants

Congrès Autisme Europe 2019 : les faits marquants

La 12ème édition du Congrès Autisme Europe se tenait à Nice du 13 au 15 Septembre 2019. La devise était : « Une nouvelle dynamique pour le changement et l’inclusion ».

Voici un bref article résumant les informations qui ont marqué nos collègues au cours des différentes conférences.

Les recherches marquantes

La première information qui nous a marqués est celle du Pr Simon Baron-Cohen1. En effet, il explique que les personnes sur le spectre de l’autisme présentent un cerveau plus gros (macrocéphalie) et des connections interneuronales plus importantes que les personnes non-autistes ce qui, selon lui, peut expliquer leur tendance à être envahies par les informations qui les entourent, le bruit, la lumière, les sensations cutanées, mais également par leurs propres émotions et celles des autres.

De ce fait, certains gestes anodins du quotidien peuvent se révéler très difficiles pour un enfant autiste. Par exemple, prendre des transports en commun, travailler ou aller au supermarché. Ceci peut impliquer une prise en charge importante pour les parents, voire, plus tard, pour les membres de la fratrie comme l’évoque Tristan Yvon2, à la fin du Congrès, président de l’association Add’autiste.

Des constats alarmants

Les personnes sur le spectre de l’autisme représentent 1% de la population totale. C’est près de 670 000 personnes en France ! Pourtant, seuls 20% des enfants autistes sont scolarisés sur le territoire Français. Et cette discrimination se reflète également sur le taux de chômage. 19 % pour les personnes en situation de handicap, soit deux fois plus que la moyenne nationale. La chercheuse Tatja Hirvikoskia3 a montré que le taux de suicide est significativement plus élevé chez les personnes sur le spectre de l’autisme que pour l’ensemble de la population.

Notre équipe présente au congrès

Participation d'auticon au congrès autisme europe 2019

Face à cette situation, de nombreuses initiatives voient le jour pour bâtir les fondations d’une société plus inclusive. Le but étant d’apporter le soutien dont les enfants et adultes autistes ont réellement besoin. En effet, la neurodiversité, parce qu’elle vise à inclure toutes les différences cognitives dans la société, sous-entend de prendre en compte les besoins spécifiques de chaque personne, et d’adapter et mettre en place les moyens à mettre en place en conséquence, tel que le souligne Stef Bonnot-Briey4, co-fondatrice et directrice du Conseil de l’entreprise à vocation sociale VIA (Vie Individu Autonomie).

Les initiatives pour une société plus inclusive

Une société plus inclusive suppose des outils de diagnostic en adéquation avec les besoins des personnes autistes.

Si les outils de diagnostic classiques permettent d’apporter un éclairage sur la situation, ils ne prennent pas en compte les besoins et spécificités de chacun. Le Pr Sven Bölte5 a donc créé l’ICF-CY (International Classification of Functioning, Disability and Health : Children and Youth version), un outil de diagnostic orienté vers la qualité de vie et le fonctionnement des personnes autistes, afin de les accompagner au mieux et favoriser leur bien-être.

Une société plus inclusive implique une meilleure compréhension des modes de fonctionnements cognitifs des personnes autistes.

Afin d’améliorer la compréhension des émotions chez les personnes autistes, le programme MACA (Mapping Autistic Cognitive Abilities), dirigé par le Dr Fabienne Cazalis6, a notamment pour but de mettre en place des outils sur-mesure à l’étude du ressenti, de l’expression et de la perception des émotions par les personnes autistes.

Une société plus inclusive comprend des environnements de formations plus en phase avec les besoins des étudiants autistes.

Le projet « Construire une Université Aspie-Friendly », mené par Bertrand Monthubert7, dans le cadre de l’Université Fédérale de Toulouse Midi-Pyrénées, a pour objectif de mettre en œuvre des moyens adaptés aux étudiants autistes en matière d’accompagnement quotidien et pédagogique.

Une société plus inclusive nécessite des environnements de travail et un soutien sur mesure par rapport à aux caractéristiques individuelles et aux besoins des professionnels autistes.

Lors de ce congrès, nous avons présenté les résultats d’une étude réalisée auprès de consultants IT d’auticon8. Les consultants interrogés ont très majoritairement indiqué que leur emploi a augmenté leur bien-être, leur confiance en eux et leur autonomie.

S’inscrivant dans cette démarche de valorisation de la neurodiversité, le travail des équipes d’auticonsult à un triple impact : technologique, social et sociétal.

Vous souhaitez en savoir plus ? Cliquez ici !

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Quelques références et liens :

1Le Pr Simon Baron-Cohen est chercheur à l’Université de Cambridge et membre du Advisory Board d’auticon UK.

2Tristan Yvon est une personne autiste et grand frère de jumeaux autistes. Il est président de l’association Add’autiste, qui propose notamment des sensibilisations dans les écoles.

3Tatja Hirvikoski est à la tête de l’Unit for Research, Development and Education au Center for Neurodevelopmental Disorders at Karolinska Institutet.

4Stef Bonnot-Briey est coach, consultante et formatrice, et à l’initiative de l’entreprise sociale VIA.

5Le Pr Sven Bölte est chercheur au Karolinska Institutet : (Bölte, S., de Schipper, E., Robison, J. E., Wong, V. C., Selb, M., Singhal, N., … & Zwaigenbaum, L. (2014). Classification of Functioning and Impairment: The Development of ICF Core Sets for Autism Spectrum Disorder. Autism Research7(1), 167-172.)

6Le Dr Fabienne Cazalis est chercheuse au CNRS et à l’Institut des Systèmes Complexes. Elle est également membre du Comité Consultatif d’auticonsult France.

7Le Pr Bertrand Monthubert, est le porteur du projet national « Construire une Université Aspie-Friendly ». Nous nous sommes engagés en tant que mécène au sein du groupe de travail « Accès à l’emploi ». Flora Thiébaut, notre co-fondatrice, est en charge d’amener les universités à adapter leurs process pour employer davantage de profils autistiques dans leurs équipes. L’impact de ce projet de transformation des universités françaises est primordial pour un avenir plus inclusif envers les personnes autistes.

8auticon est le groupe international dont auticonsult est la filiale française.